C’est parti !


Ce samedi 9 avril, les flottes des Ocean Fifty et des Class40 de la 2e édition de la 1000 Milles des Sables se sont respectivement élancées à 14h puis à 14h40. Propulsées par un flux de nord-ouest d’une douzaine de nœuds, elles ont ainsi entamé la course dans des conditions idéales, même si les premières complications pointent déjà le bout de leur nez. Dès ce soir, les concurrents vont, en effet, devoir gérer une première phase de transition du côté du plateau de Rochebonne. A la clé, une zone de molle dont il va falloir s’extirper au mieux avant d’attaquer la suite qui promet d’être à la fois technique et variée jusque dans les derniers milles. De quoi pimenter comme il faut ce premier round de la saison qui se trouve, pour une grande majorité des marins en lice, être aussi une première en solitaire sur leur machine !




« Dans une saison, la première course est toujours un peu particulière. C’est encore plus vrai quand elle se joue en solitaire », a commenté Sam Goodchild, peu avant de quitter le ponton du Vendée Globe, à Port Olona, ce samedi. Lui, comme une grande partie des concurrents de l’épreuve, fait partie de ceux qui vont, pour la première fois, en découdre à la barre de leur monture en solo. « Dans ce contexte, il y a forcément un peu d’appréhension », a confié le skipper de Leyton qui a démarré l’épreuve sur les chapeaux de roues cet après-midi, signant le meilleur départ des Ocean Fifty et débordant ensuite la bouée de dégagement en tête avant de prendre franchement le large. « Il y a de nombreuses inconnues mais je me sens bien préparé. J’ai beaucoup navigué en avant-saison et je suis bien entouré. Je ne pense pas pouvoir être plus prêt que je ne le suis aujourd’hui », a indiqué le Britannique, sans cacher ses ambitions de victoire.


« Si aujourd’hui la priorité est de se qualifier pour la Route du Rhum, quand on est un compétiteur et que l’on s’aligne au départ d’une course, on a forcément envie de la gagner », a ajouté le navigateur, 2e de la première édition en 2018 en Class40, manifestement bien décidé à inscrire son nom une nouvelle fois au palmarès de l’épreuve. « Je sais que ça ne va pas être simple. Ça s’annonce complexe, puisqu’on va avoir du vent, de la molle, du près, du portant… On va sortir toutes les voiles de la garde-robe mais surtout, il va falloir être vigilant au niveau de la tactique. Dès ce soir, on va devoir négocier une zone de vents faibles. Un autre passage s’annonce délicat au large du cap Finisterre. Dans un cas comme dans l’autre, il y aura alors beaucoup à perdre ou à gagner. Idem ensuite au portant dans le vent fort. Il ne faudra pas faire de bêtises car nos bateaux sont plus stables à l’envers qu’à l’endroit ! », a détaillé Sam Goodchild.


De fait, si les deux changements de parcours successifs opérés par la Direction de course afin de garantir un maximum de sécurité aux coureurs vont lui permettre, comme aux autres, d’éviter des conditions costaudes et casse-bateaux à l’approche de l’Occidentale de Sein, des conditions soutenues vont toutefois les accompagner aux abords de La Corogne demain soir, ainsi que l’explique Christian Dumard, consultant météo de la course : « Rapidement cet après-midi, le vent va faiblir et ça va rester très mou jusqu’à l’arrivée, en deuxième partie de nuit, d’un nouveau vent de secteur est sud-est. Un flux qui va ensuite se renforcer graduellement et même devenir rafaleux à l’approche du cap Ortegal. Dès lors, les Ocean Fifty, qui évolueront vent de travers, se retrouveront avec plus de quatre mètres de houle de face. Ils risquent de jouer les équilibristes ». La conduite ne sera, effectivement, pas toujours aisée pour les marins qui vont aussi devoir multiplier les manœuvres, mais le programme promet d’être parfait pour trouver ses marques en solo en cette année Route du Rhum – Destination Guadeloupe. « Ça va être sportif mais vraiment complet, donc top pour se jauger et valider un certain nombre de points techniques », a confirmé Erwan Le Roux (Koesio).


Un avis partagé par Ian Lipinski, engagé en Class40 sur Crédit Mutuel. « On se prépare à une épreuve assez complète, avec du vent, pas de vent… ça va être un super entraînement même si, évidemment ça reste une course. Le truc, c’est que vu que c’est une reprise, il va falloir veiller à ne pas aller plus vite que la musique et rester dans ses gammes. Il se trouve que c’est facile à dire à terre mais que c’est plus difficile à appliquer quand on est sur l’eau. On sait qu’une fois que le départ est donné, c’est compliqué de ralentir et d’être raisonnable. On sait qu’aller au-delà de ce que l’on est capable de faire, c’est s’exposer à faire des erreurs et perdre beaucoup ». Si tous les concurrents, quelle que soit leur classe, ont annoncé être là avant tout pour décrocher leur qualification pour la Route du Rhum, trouver leurs marques en solitaire ou encore valider les choix techniques effectués cet hiver, il y a, de fait, fort à parier qu’ils vont avoir du mal à résister à l’appel de la compétition. Idem pour ceux qui, comme Corentin Douguet (Quéguiner – Innoveo), ont une toute nouvelle machine à tester et éprouver. La preuve, le Nantais, dont le LiftV2 a été mis à l’eau il y a tout juste trois mois, a attaqué pied au plancher, enroulant ainsi en tête la première marque du parcours avec une avance conséquente.



Ils ont dit :


Sébastien Rogues (Primonial) : « J’ai pu bien m’entrainer ces dernières semaines et le bateau est prêt. La course va être pour moi une première expérience en solitaire sur Primonial. Elle va être l’occasion de valider ma qualification pour la Route du Rhum et aussi être un super entraînement car pour l’heure, il y a pas mal d’inconnues. Vivre seul à bord, naviguer à haute-vitesse, décider du pourcentage auquel pousser la machine… Je ne sais pas trop à quoi m’attendre mais je vais prendre les choses les unes après les autres. Le parcours s’annonce sportif, engagé. Les moments de repos ne vont pas être simples. Plus que le vent, ce qui, je pense, va être compliqué à gérer, ce sont ces fameux bouts de bois qui sont actuellement éparpillés dans le golfe de Gascogne. C’est un sujet que j’ai du mal à prendre en considération parce que c’est ingérable. Si je dois mettre un sujet aujourd’hui sur la pile de tout, c’est bien celui-là. »


Amélie Grassi (La Boulangère) : « J’ai trop bien dormi la nuit dernière. On s’était préparé à des conditions super musclées mais il y a eu un petit rebondissement hier soir. La Direction de course a réadapté le parcours et de ce fait, les conditions vont rester assez maniables. On aura peut-être 30-35 max en rafales mais pas plus, ce qui me rassure beaucoup. Je suis bien détendue et j’ai surtout hâte d’aller jouer. Je me suis beaucoup entraînée dans des conditions soutenues avec Axel (Tréhin) cet hiver. Cela me permet d’être assez sereine. J’espère que je vais bien gérer les transitions. J’aimerais réussir à bien comprendre les systèmes météo car c’est un peu nouveau pour moi d’avoir accès à l’ordinateur et aux fichiers. Avant, en Mini 6.50, c’était plus intuitif. J’aimerais aussi tenir les vitesses que j’ai su trouver à l’entraînement. A la fin, si tout va bien, je serais qualifiée pour la Route du Rhum et j’aurais sûrement décelé plein d’axes de travail. Ce sera bien. »


Kéni Piperol (Captain Alternance) : « Le support est tout nouveau pour moi. De plus, je n’ai plus fait de solo depuis la Mini Transat 2019. J’ai hâte de retrouver ces sensations, hâte de découvrir la machine au large en solitaire, hâte de me confronter aux petits copains. Je ressens un mélange d’excitation, d’angoisse… en bref, de plein de bonnes choses. Il va y avoir pas mal de phases de transition et de changements de voiles. Il va falloir rester dessus et on ne va pas tant dormir que ça. Le fait d’y aller crescendo, avec des conditions plus cool au départ, c’est toujours plus simple psychologiquement. Mes objectifs sur cette 1000 Milles des Sables sont de décrocher ma qualification pour la Route du Rhum, de découvrir toutes les spécificités du bateau, de revenir en un seul morceau, de valider un maximum de choses mais aussi de prendre un maximum de plaisir en mer. »


Aurélien Ducroz (Crosscall) : « Il s’agit de la première course de la saison et de ma première course en solo sur le bateau. Forcément, il y a un peu d’excitation dans l’air. On s’attend à devoir gérer pas mal de transition sur tout le parcours. Il va donc falloir être hyper vigilant. Dimanche, il risque d’y avoir pas mal d’air et il faudra réussir à ne pas trop se laisser prendre au jeu. C’est un peu le truc qui m’inquiète (Rires). Je vois d’ici qu’on va tous envoyer le grand spi et qu’on va le regretter ensuite ! (Rires) Le but, c’est vraiment de reprendre ses marques en solo. Pour ma part, ça fait très longtemps que je n’ai pas fait de solitaire. L’idée est de reprendre mes marques, de reprendre de la confiance, puis de jouer la qualif’ pour la Route du Rhum, forcément. Il va falloir être malin pour éviter de faire des bêtises. La mer va aussi jouer un rôle. Ça risque d’être un peu rock and roll quand même avec les 4 mètres de houle annoncés mais dans tous les cas, je suis hyper content d’être au départ de cette course. »




Axel Tréhin (Project Rescue Ocean) : « Naviguer en solitaire en course, c’est un nouvel exercice pour moi en Class40 et c’est d’autant plus vrai que je n’ai plus régaté seul depuis la Mini Transat en 2019. C’est une belle étape à franchir avec ce bateau et dans la globalité du projet. Il y a de nouveaux visages et de nouveaux bateaux. On va voir comment la flotte se comporte. Pour ma part, la priorité ça va être de valider la qualif’ pour le Rhum. J’ai fait pas mal de volume d’entraînement en avant-saison et je me suis, de ce fait, exposé à taper des trucs dans l’eau. C’est arrivé et ce n’est donc pas la course sur laquelle j’arrive le plus reposé. Raison de plus pour ne pas s’enflammer sur les objectifs. L’idée, c’est de faire le moins d’erreurs possibles, de ne pas se laisser emporter pour éviter de naviguer comme on navigue en équipage. Il y a plein de petits gains à faire en faisant des manœuvres un peu scabreuses mais si ça tourne mal, ça risque d’être de grosses pertes à la clé. Il va donc falloir rester raisonnable. Côté météo, on fera avec ce qu’on a. Notre métier, c’est de s’adapter. On risque de passer un peu de temps sur l’eau. L’important sera d’en passer un chouilla moins que les autres ! »


Martin Louchard (Randstad-Ausy) : « Je me sens prêt. Ça va être ma première course en solitaire et je suis content que la Direction de course ait modifié le parcours hier après-midi. Ça a failli être très costaud mais là, ça va être sympa du début à la fin. On ne va cependant pas beaucoup dormir car il va y avoir beaucoup de choix à faire. J’ai hâte d’y être. Le premier truc, ce sera d’arriver. On va faire ça sagement. Naviguer sans prendre trop de risques. »


Emmanuel Le Roch (Edenred) : « Cette 1000 Milles des Sables va nous mettre dans le bain direct pour la Route du Rhum. On a eu quelques petits changements de parcours de dernière minute car la météo n’était pas très favorable. Aujourd’hui, on est tout prêt. La première des cases à cocher, c’est la qualification à la Route du Rhum. Le nouveau tracé s’annonce sympa. Incertain sur la fin mais complet car on va manifestement avoir toutes les allures. Ça va permettre de se jauger et d’observer la concurrence en vue de la suite. Le but, c’est aussi de bien faire. Je suis plutôt motivé à tout donner sur cette course, même s’il va falloir faire attention car il y a des bouts de bois qui traînent en ce moment dans le golfe de Gascogne. Comme le but ce n’est pas de casser le bateau. En ce sens, en plus d’être bon, il faudra aussi être méfiant et plutôt mesuré dans ses choix. »


Éric Péron (Komilfo) : « C’est un vrai soulagement que le sens du parcours ait été modifié hier soir car sinon on partait vraiment sur un bord casse-bateau, avec 30 nœuds de vent, quatre mètres de houle et des vagues de face. Là, c’est très bien. On part sur une course un peu moins engagée même si ça va rester un peu sport en trimaran, avec des rafales jusqu’à 35 nœuds. C’est ma première confrontation sur le bateau. Je suis à la fois un peu excité et un peu tendu. Je ne connais pas encore bien la machine. Je crains d’avoir oublié quelque-chose, mais dès que ce sera parti, tout ira bien. Cette 1000 Milles des Sables est parfaite car comme elle arrive hyper tôt dans la saison, elle va permettre de régler plein de choses, ne serait-ce que la communication bateau-terre. Sur le bateau, on a fait des choix techniques et on va pouvoir les valider ou non, puis enchainer plus sereinement le reste de la saison. Il y a des cases qui vont se cocher à l’issue de cette course, notamment, je l’espère, celle de la qualification pour la Route du Rhum. »


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